APEG ÉCHANGE n°14

IL EST ENCORE TEMPS

Il est temps d’agir pour interdire la réalisation de nouveaux parcs photovoltaïques :

Depuis 2015, il a déjà été détruit plus de 30 ha de bois pour installer des parcs photovoltaïques tout autour de Grignan.

Nous nous opposons à la réalisation d’un nouveau parc photovoltaïque à Grignan par destruction de 18 ha de forêts dont 9,2 ha seront totalement rasés. Et pourtant l’Apeg est favorable aux énergies renouvelables et soutient plusieurs initiatives de développement de l’énergie photovoltaïque, oui mais sur des espaces déjà artificialisés !

Nous refusons le projet de Grignan car c’est la seule solution pour stopper la destruction de nos forêts dans le seul objectif de satisfaire des intérêts purement financiers ; détruire nos forêts est une opération très avantageuse pour ces groupes industriels internationaux, beaucoup plus intéressante pour leurs actionnaires que d’utiliser des friches, des parkings ou des toitures existantes. En leur refusant de pouvoir réaliser le parc de Grignan nous les obligeons à s’intéresser durablement aux zones déjà artificialisées. Nous avons bloqué avec l’aide de l’administration, le projet de Chantemerle-les-Grignan ; nous attendons des autorités administratives qu’elles refusent de la même manière, le permis de défricher du site de Grignan dans l’intérêt général et dans le souci de protéger durablement notre environnement. >ici

 

Il est encore temps d’agir pour maintenir l’interdiction des NEONICOTINOIDES :

agir pour interpeller nos députés et le gouvernement pour bloquer le vote d’une loi qui reviendra sur l’interdiction des néonicotinoides qui sont des pesticides hautement toxiques qui tuent à très faible dose les abeilles et les pollinisateurs sauvages. La France a été le premier pays au monde à les interdire par la loi de 2016 sur la biodiversité. Nous avions entrainé à notre suite l’Europe qui avait décidé en 2018 de mettre fin aux autorisations des substances les plus utilisées. Hélas il a suffi que les betteraviers fassent état de difficultés pour que le Président de la République ré-autorise l’usage de ces produits hautement toxiques sur des centaines de milliers d’hectares. Des solutions alternatives existent pourtant (extraits d'un article du Monde): 

« Le projet de loi qui sera examiné le 5 octobre à l’Assemblée nationale constitue bien plus qu’un reniement. Il crée un précédent : désormais, il suffira d’une difficulté économique dans un secteur pour justifier une annulation des mesures prises précédemment… 

S’il est adopté, ce texte mettra à bas des années de combats, portés en particulier par les apicultrices et les apiculteurs et les associations environnementales, qui avaient réussi à convaincre une majorité de parlementaires, par-delà les sensibilités politiques. »

Il est encore temps d’empêcher cet écocide. Manifestez-vous avant le 5 octobre si possible ou après si vous avez manqué cette date auprès de vos députés: pour le sud Drôme, celia.delavergne@assemblee-nationale.fret pour l'Enclave, Marie-France.Lorho@assemblee-nationale.fr.

 « agir pour l’environnement » et >ici plus bas.

 FNE « 10 raisons de ne pas revenir sur l’interdiction des nicotinoïdes »

 

Il est également temps de participer activement à donner à nos paysans les moyens de se passer des pesticides.

Nous pouvons encourager nos paysans en achetant localement et durablement à ceux qui font l’effort de cultiver sans pesticide.

Nous pouvons les aider en participant à l’aménagement des fermes qui cherchent à recréer une biodiversité garante de la vie équilibrée des sols et de la lutte naturelle contre les insectes ravageurs (haies, mares, installation de nichoirs…)

Au plan national, le mouvement « on veut des coquelicots » opte pour poursuivre son action contre les pesticides en adoptant un nouveau mot d’ordre « ON VEUT DES PAYSANS ». "Nous voulons plus de paysans, nous voulons une agriculture respectueuse de la nature, des animaux, des paysages, libérés des lobbies industriels. Une agriculture capable de s‘adapter au dérèglement climatique en cours. Tout cela va dans le sens des résolutions de la Convention citoyenne. À chacun d’apporter son soutien à cette mutation agricole nécessaire et urgente."

L’Apeg agit avec eux.

Au plan régional, l’Apeg soutient financièrement l’association amie de « L’HIRONDELLE AUX CHAMPS » qui propose et organise des actions de développement de la biodiversité aux agriculteurs. Elle diffuse une revue lien qui rend compte de toutes ses actions et met en œuvre des chantiers pour la réalisation de haies, mares et autres aménagements dans les fermes partenaires. Vous pouvez les aider en adhérant ou en participant aux chantiers. 

Hilarion consulting lance une nouvelle publication TARDIGRADE dont le premier N° s’ouvre sur la question " demain tous paysans ? "

L’Apeg se donne pour ambition en 2020/2021 de participer activement à aider des paysans de notre région à développer des méthodes de travail de la terre qui permettent de se passer de l’usage des pesticides.

REFERENDUM sur le projet de parc photovoltaïque de GRIGNAN

Message du 21 septembre

Bonsoir à toutes et tous,

Comme vous le savez, la municipalité de Grignan avait organisé aujourd’hui 20 septembre un référendum consultatif sur la question « approuvez-vous l’implantation d’une centrale photovoltaïque dans les bois de Grignan, au lieu-dit bois de Janiol d’une surface de 8 Ha, d’une puissance de 8,7 MWc pour un loyer annuel garanti de 120.000  € sur 30 ans ? ».

Comme elle l’avait fait lors des enquêtes publiques des 4 autres projets développés autour de Grignan depuis 2015 qui ont ou devaient occasionner la destruction d’une quarantaine d’Ha de forêts communales (Réauville 2015, Salles-sous-bois 2016, Montjoyer 2018 et Chantemerle 2019 projet abandonné), notre association s’est opposée à ce projet qui implique la destruction de 9,2 Ha de bois en appelant les habitants de Grignan à voter non. Le refus de la commune de décaler la date du référendum pour nous permettre de conduire une vraie campagne d’information, nous a contraint de travailler dans l’urgence avec le peu de moyens dont nous disposons et malgré tout nous avons été entendus par les habitants qui ont voté contre ce projet à plus de 49 %.

Le résultat du vote est le suivant :

617 votes exprimés soit 43% des inscrits

304 NON soit 49,3 % des votes exprimés

313 OUI soit 50,7 % et un écart de +9 voix seulement.

Que 43% des citoyens se soient déplacés démontre bien l’intérêt que les habitants de Grignan portent maintenant aux énergies renouvelables et à la défense de leur environnement. On peut penser que les habitants devant la complexité du sujet, auraient certainement aimé avoir plus de temps pour en débattre et définir ensemble un projet qui leur convienne vraiment.

Il appartient maintenant à la municipalité de décider de poursuivre ou non la réalisation de son projet puisque le vote des habitants n’était que consultatif. Le conseil municipal devrait se réunir en fin de semaine pour prendre sa décision. S’il le décide le dossier pourrait suivre son cours avec dans les prochaines étapes notamment, le dépôt d’un permis de défricher. Si le permis de défricher n’était pas accordé par le Préfet, l’opération devrait être abandonnée. 

Quoiqu’il en soit, L’Apeg en participation avec « Grignan Energies Nouvelles » poursuivra son action d’information et de réflexions pour proposer de nouvelles façons de développer la production d’énergies renouvelables dans le respect de notre environnement.

Merci à toutes celles et tous ceux qui se sont investis dans nos actions d’information et de communication auprès des habitants de Grignan et des autres communes.

Pour l'APEG, Jean Luchet, président.

Lettre 97- Rubrique « Le saviez-vous »

Ne pas confondre « plantations d’arbres » et forêts

Il est sans doute temps de faire quelques mises au point : une forêt est un écosystème naturel dont la mise en place n’a rien coûté à la société. Elle se compose d’arbres autochtones, d’âges divers, qui se sont implantés spontanément et de la faune associée. En forêt, l’être humain n’a qu’un rôle de second plan, il se contente de l’exploiter pour le bois, le gibier, les plantes médicinales et autres ressources. Un terrain couvert d’arbres, même quand il se nomme par exemple « forêt des Landes de Gascogne », reste un système artificiel dont la mise en place nécessite des investissements lourds. Il y a en général peu de mélanges d’espèces, en dehors de celles implantées. L’origine, la surface et la durée de vie de la plantation sont déterminées par des acteurs économiques en fonction des besoins du marché sans référence à la biologie. Ce n’est donc pas un écosystème. La diversité végétale y est faible et par définition, la diversité animale y est aussi faible par manque de ressources alimentaires pour la faune. Quant à l’être humain, il n’habite pas dans une « plantation d’arbres » de façon durable et il arrive même qu’il se voit l’interdiction d’y entrer.

Le fait que les champs d’arbres soient souvent monospécifiques, les rend vulnérables aux pathogènes et parasites. En cas de tempête, la stabilité est moindre qu’une « vraie » forêt ». « Rien n’est plus risqué qu’une culture monospécifique » évoque le paysagiste Gilles Clément. La confusion entre plantations d’arbres et forêts avantage les industriels du bois et de la pâte à papier, installant leurs dispositifs coûteux mais rentables économiquement. Et on nous fait croire que rien n’a changé avec des forêts toujours là ! La défense de la biodiversité est un enjeu tellement essentiel au niveau mondial, qu’il devient intolérable de maintenir la confusion des genres.

D’après F. Hallé in Le Monde, août 2020

Le lierre, prix d’excellence pour notre biodiversité

J’attaque d’emblée … en cassant 2 fausses idées : non le lierre n’est absolument pas un parasite et non il n’ "étouffe" pas les arbres ! Ah et puis… encore une mauvaise idée : plutôt que de parler du lierre, évoquons plutôt LES lierres, puisque pas moins de 11 espèces différentes et de nombreuses variétés grimpantes, rampantes, mais aussi arbustives. L’espèce qui s’enroule autour des arbres est Hedera helix (pour les amoureux d’étymologie, Hedera vient du verbe latin signifiant « être attaché à, fixé à, être implanté, etc. et helix renvoie bien sûr à hélice, volute… tout s’explique en somme !). Nos lierres sont des plantes vivaces pouvant atteindre 30m de long et monter à 14-15m de haut. La tige n’excède pas 15cm de diamètre. Généralement, le lierre présente deux types de croissance avec deux types de feuilles. Lorsqu’il y a peu de lumière, c’est la croissance type « liane » avec des tiges tendres et juvéniles (les feuilles sont alors de 3 à 5 lobes). Lorsqu’il y a suffisamment de lumière, le lierre passe à une croissance de type « arbuste », les rameaux sont libres et portent des fleurs, les feuilles prenant une forme « de fer de lance ».

Le point particulièrement intéressant est que les fleurs apparaissent de septembre à novembre, donc si tard en saison, qu’elles n’entrent jamais en concurrence avec les floraisons des arbres support. Cette floraison est un atout majeur pour le milieu et… les arbres (on en reparle quelques lignes plus loin…). Tout aussi intéressant à rappeler : c’est Darwin qui découvre que les petits crampons du lierre lui permettant d’adhérer aux arbres et aux murs, sécrètent un mucilage jaune et collant. Cette « colle » est en fait constituée de microscopiques billes de protéines recouvertes de sucres ne causant aucun dommage aux arbres, et de par leur forme chimique, ne pouvant qu’abimer très superficiellement les pierres au niveau de la zone de contact. L’adhérence au support se fait par évaporation de l’eau et association avec d’autres éléments contenus dans le tronc de l’arbre, comme le calcium et la pectine. Incroyable adaptation repoussant loin cette fausse idée d’étranglement potentiel d’un arbre. Il reste juste vrai que l’envahissement important par un lierre peut causer des ruptures de branches déjà fragilisées, du fait même du poids : c’est un dégât strictement mécanique, ne remettant en rien en cause la vie de l’arbre…

Mais sinon, quelle merveille que cette plante : rien que par ses feuilles persistantes qui se renouvellent tout au long de l’année, elle apporte quantité d’éléments minéraux au sol, mais surtout elle est la cache hivernale idéale pour toutes nos petites bestioles (qui pourront aussi circuler camouflées tout l’été). Donc royaume assuré pour les coccinelles, carabes, larves de chrysopes, de syrphes, araignées, acariens, mais aussi merles, rouges-gorges, moineaux, grives, étourneaux, qui, eux utilisent le feuillage comme dortoir estival. Tout ce petit monde circule allègrement, les auxiliaires empêchant les ravageurs du sol de monter dans l’arbre. Et cerise sur le gâteau, les fleurs arrivant à l’automne attirent de nombreux pollinisateurs venus prendre des forces avant l’hiver. Des suivis ont révélé jusqu’à 131 espèces différentes qui utilisent ainsi cette floraison tardive des lierres. Les abeilles se régalent (Apis mellifera comme Colletes hederas, l’abeille solitaire du lierre) : excellent pour les futures reines qui prennent leurs forces avant de s’endormir pour l’hiver. En plus petit nombre, papillons scarabées, coccinelles, punaises et araignées apprécient les fleurs de lierre. Ils attireront alors les oiseaux insectivores comme les merles, rouges-gorges, moineaux et en sus les mésanges. Tous ces oiseaux consommeront ensuite les fruits puisque la fructification a lieu en hiver jusqu’au début du printemps, période qui sonne le retour des oiseaux migrateurs. Au passage, attention, ne misons pas sur les fruits de lierre lors de nos opérations « survie en forêts »… ils nous sont franchement toxiques!

Pour finir l’éloge, le lierre est un bon climatiseur naturel en été pour toutes sortes de petits mammifères comme les écureuils, les lérots, les chauves-souris… alors franchement, pas la peine de construire des « hôtels à insectes » ; sachons juste préserver et/ou implanter des lierres, car difficile de faire mieux pour jouer en faveur de la biodiversité !

Corinne Bourgery, adhérente de l’APEG

Brèves 

« Les grives obtiennent un sursis, les tourterelles la mort »

> lire l'article de FNE  

AG des centrales villageoises de la Lance

le mercredi 30 septembre 2020 à 19H précises

salle des fêtes de Montjoux hameau de la Paillette