Pyrale du buis


Pas de panique -Pyrale du buis –continuons à agir







(Ci dessus une photo du papillon en train de boire le nectar d’une fleur de mon jardin)


Nous vous avions alerté en septembre 2015 sur le risque de prolifération de ce petit papillon nocturne de la famille des pyrales. Nous écrivions : « si ce papillon et donc sa chenille prolifèrent c’est la beauté de nos jardins de nos sous bois qui est menacée de disparaître ».

Nous y sommes ! C’est effectivement très impressionnant d’être pris dans des tourbillons de milliers de papillons ; nous pensons tous immédiatement à des films de terreur !

Mais cela pourrait être pire dans les années qui viennent, si nous perdons notre sang froid et cherchons à utiliser n’importe quel produit chimique pour essayer de combattre cette invasion.


La pyrale du buis comme quasiment tous les insectes, est dépendante d’une ou 2 espèces végétales. La chenille de cette pyrale consomme EXCLUSIVEMENT le feuillage des buis.

Vous observez des papillons posés sur les lavandes, sur les fleurs de votre jardin, sur les feuilles de certains arbres, sur les grappes de raisin, Cela ne veut pas dire que ces papillons vont pondre et que les chenilles de la pyrale du buis s’attaqueront demain à vos figuiers, amandiers et autres oliviers !! Ces papillons se nourrissent ! Comme la plupart des papillons ils pompent avec leur trompe le nectar des fleurs ou lèchent le miellat qui apparaît sur certaines plantes (ex gland des chênes verts) ou le sucre des figues éclatées ou des raisins trop mûrs.

Les milliers de papillons que nous rencontrons dans nos jardins ou dans la campagne sont des troupes d’adultes à la recherche de buis capables d’accueillir leurs œufs et de nourrir les futures chenilles. Si les œufs sont pondus « faute de mieux » sur une autre espèce végétale, les chenilles mourront de faim ; c’est la sélection naturelle.

Les papillons adultes mourront naturellement au bout d’une quinzaine de jours, sans commettre d’autres « dégâts » que de consommer le nectar des fleurs au détriment des autres espèces d’insectes abeilles, papillons…


Nous avons la chance d’habiter une belle région dont les sous bois étaient couverts de buis. Cela rend toute tentative de lutter contre cet insecte impossible car elle devrait porter sur des centaines voire des milliers de KM2 et être renouvelée plusieurs fois dans l’année.

Ces invasions sont le résultat d’une mondialisation des échanges commerciaux et le symptôme d’une perte accélérée de la bio diversité de notre région.

En effet si les populations de prédateurs naturels des papillons étaient plus importantes ces invasions pourraient être plus facilement maîtrisées : les chauves- souris (très adaptées pour des papillons nocturnes), les oiseaux insectivores (de plus en plus rares) auraient combattu efficacement de telles invasions, mais où sont ils ??

Aujourd’hui nous devons refuser ces solutions absurdes du « y a qu’à » qui n’aboutiraient qu’à détruire encore plus de bio diversité et préparer de nouvelles invasions pires que celui ci !


Agissons avec discernement.

On peut espérer que les buis des forêts débarrassés de ces adultes et de leur future descendance pourront reverdir et sans doute par un processus naturel de sélection, préserver les buis les plus résistants aux chenilles. Un des risques majeurs actuels est qu’en asséchant la végétation, la pyrale la fragilise et la rend vulnérable aux incendies.

On peut penser que nous voyons arriver actuellement dans nos jardins les adultes nés dans toutes nos forêts environnantes, à la recherche de buis capables de nourrir leur future descendance.


Je parlerai ci après essentiellement des buis de nos jardins que nous pouvons protéger et sauver.

Rappelons que les buis attaqués ne sont pas morts. Les couper au ras du sol, vous ferait perdre 10, 15 ou 20 ans de pousse. Après traitement, une fois les chenilles éliminées, même s’ils paraissent très secs, vous verrez réapparaître des pousses.
Mais vous devrez en permanence surveiller que de nouvelles chenilles ne s’y réattaquent pas.

Nous devons faire preuve de patience et pour protéger nos buis, utiliser le seul produit qui puisse venir à bout de cette chenille par des moyens 100% naturels le Bacillus Thuringiensis (BT) vendu maintenant dans toutes les jardineries et coop agricoles.


Quelques principes ou conseils à respecter:

- si vous n’avez que quelques buis, vous pouvez simplement écraser les chenilles entre vos doigts ; elles ne sont pas urticantes. Cela sera sans doute la solution la plus efficace !

- Ne pas s’épuiser à traiter de manière préventive puisque le BT détruit l’intestin des chenilles mais n’a aucun effet sur le papillon lui même ; c’est coûteux, inutile et dangereux pour d’éventuelles chenilles autres que celles de la pyrale.

- Une pulvérisation correcte nécessite un accès facile aux arbustes à traiter : cela implique dans certains cas de tracer des allées supplémentaires qui permettent de pulvériser correctement tous les buis. Un seul buis oublié peut abriter des chenilles qui deviendront une nouvelle source d’infestation.

- Intervenir dés l’apparition des premières chenilles et renouveler votre traitement an cas de pluie importante car le BT est facilement lessivable. Ne jamais traiter par grand vent car vous risquez de ne pas traiter correctement vos buis et de pulvériser le produit sur les plantes avoisinantes qui peuvent abriter des chenilles d’insectes à préserver pour le bon équilibre de votre jardin.


Vous pouvez compléter ces traitements en :

- Installant dans votre jardin des pièges à phéromones très simple d’utilisation ; ils captureront et élimineront une grande quantité des mâles (donc plus de reproduction) et vous alerteront de la présence de ce parasite et de la nécessité de surveiller et de traiter vraisemblablement vos buis dans un délai de 15 jours à 3 semaines après l’apparition des premiers papillons.

Ces pièges peuvent être achetés sur le site www.biobest.fr

- utilisant les dernières solutions proposées par les chercheurs : utiliser des micro guêpes parasitoïdes les TRICHOGRAMMES qui se reproduisent en pondant leurs œufs dans les œufs des Pyrales. Ils éliminent ainsi les futures générations de chenilles !

Si vous voulez en savoir davantage, allez sur le site www.biotop.fr voir « trichotop buxus »

Compte tenu du prix de revient, il paraît réaliste de limiter cette lutte biologique pour l’instant aux petits jardins.


On peut penser que d’ici 2017, les chercheurs auront mis au point un arsenal de solutions permettant de limiter la prolifération de ce ravageur.

L’équipe de l’Apeg www.apeg.fr se tient à votre disposition pour vous aider à diagnostiquer la présence d’œufs, de chenilles, et à vous conseiller pour le passage des traitements.


RAPPEL : le BT est aujourd’hui l’insecticide le plus utilisé au monde en agriculture biologique. le BT utilisé en pulvérisation a donc l'avantage d'être peu rémanent. Il combat TOUTES les chenilles. Soyez donc attentifs à ne pas le pulvériser sur des plantes autres que les buis autrement vous pourriez faire disparaître tous les papillons de votre jardin.


Pour mieux comprendre et visualiser le passage de la chenille au papillon consultez un site remarquablement illustré :  

http://www.insectes-net.fr/pyrale/pyrale3.htm


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